Pourquoi faire tourner Windows sur un NAS
Un NAS reste allumé en permanence, souvent 24 heures sur 24, avec une consommation électrique bien inférieure à celle d’un PC de bureau. Y faire tourner une machine virtuelle Windows 10, c’est transformer cette boîte de stockage en poste de travail accessible à distance, sans matériel supplémentaire à gérer.
Les cas d’usage concrets sont nombreux : éditer un fichier Word ou Excel depuis une tablette Android, lancer une application Windows depuis un réseau distant sans avoir besoin d’emporter un ordinateur portable, ou simplement maintenir un environnement de travail disponible depuis n’importe quel endroit. Le NAS joue ici le rôle de serveur léger, accessible via navigateur depuis la maison, un hôtel ou un bureau.
L’intérêt par rapport à un PC toujours allumé est aussi économique : un NAS Asustor en fonctionnement continu consomme entre 15 et 30 W selon le modèle, contre 80 à 150 W pour un PC d’entrée de gamme. Sur un an, la différence est perceptible sur la facture d’électricité.
Les modèles Asustor compatibles et la RAM minimale à prévoir
VirtualBox est disponible sur un nombre précis de séries Asustor. Les modèles compatibles couvrent les gammes suivantes :
- AS31xx et AS32xx
- AS50xx, AS51xx, AS52xx, AS53xx, AS54xx
- AS61xx, AS62xx, AS63xx, AS64xx
- AS70xx
- Lockerstor et Flashstor
La condition matérielle commune à tous ces modèles : un processeur Intel x86 64 bits quad-core. Les NAS équipés de processeurs ARM ou dual-core ne sont pas éligibles. Si le modèle ne figure pas dans cette liste, VirtualBox ne sera tout simplement pas proposé dans l’App Central.
Sur la RAM, la règle est directe : 4 Go est le plancher absolu, mais en dessous de 8 Go, le NAS sera sous pression dès que la VM tourne. ADM, le système d’exploitation d’Asustor, consomme lui-même de la mémoire pour gérer les services actifs. Avec 4 Go au total, il reste peu de marge pour allouer 2 Go à Windows 10 sans que le NAS ralentisse notablement. Avec 8 Go, on peut allouer 3 à 4 Go à la VM et laisser le reste au système hôte sans compromis visibles.
Installer VirtualBox depuis l’App Central d’ADM
L’installation se fait entièrement depuis l’interface web d’ADM, sans toucher à une ligne de commande. Une fois connecté à l’interface ADM via un navigateur sur le réseau local, l’accès à l’App Central se fait depuis l’icône correspondante sur le bureau ADM.
- Dans la barre de recherche de l’App Central, taper « VirtualBox »
- L’application apparaît dans les résultats — elle est publiée directement par Asustor
- Cliquer sur « Installer » et confirmer
- Patienter pendant le téléchargement et l’installation, qui prend quelques minutes selon la connexion
- Une fois terminé, VirtualBox apparaît dans le bureau ADM comme n’importe quelle autre application
Aucun redémarrage du NAS n’est requis dans la majorité des cas. L’application s’ouvre directement dans le navigateur sous forme d’interface web, ce qui rend la prise en main accessible même pour des profils peu familiers avec la virtualisation.
Créer la machine virtuelle et configurer les ressources
Depuis l’interface VirtualBox dans ADM, créer une nouvelle VM revient à suivre un assistant en plusieurs étapes. Voici les choix à faire à chaque point :
- Nom de la machine : un nom libre, par exemple « Windows10-NAS »
- Type : Microsoft Windows
- Version : Windows 10 (64-bit) — ne pas choisir la version 32 bits
- RAM allouée : 3 Go (3072 Mo) sur un NAS avec 8 Go, ou 2 Go (2048 Mo) si le NAS dispose exactement de 4 Go
- Disque dur virtuel : créer un nouveau disque VDI, alloué dynamiquement, d’une taille minimale de 32 Go pour l’installation de base — prévoir 50 Go ou plus pour un usage réel
Le choix de l’allocation dynamique évite de réserver immédiatement tout l’espace disque sur le NAS : le fichier VDI grandit au fur et à mesure que Windows s’installe et que des données s’ajoutent. Sur un NAS avec plusieurs téraoctets disponibles, ce n’est pas critique, mais c’est une bonne habitude.
Pour le réseau, laisser la configuration par défaut sur « NAT » suffit pour commencer. Il sera possible de passer en mode « Bridge » plus tard si on souhaite que la VM soit visible sur le réseau local avec sa propre adresse IP.
Lancer l’installation de Windows 10 depuis l’ISO
Avant de démarrer la VM, il faut disposer d’un fichier ISO de Windows 10. Microsoft propose le téléchargement direct de l’ISO Windows 10 depuis son site officiel via l’outil de création de média — il suffit de choisir l’option « Fichier ISO » et de récupérer l’image sur le NAS ou de la transférer ensuite.
- Dans les paramètres de la VM, aller dans la section « Stockage »
- Cliquer sur le lecteur optique virtuel (icône disque)
- Sélectionner le fichier ISO téléchargé, stocké sur un volume du NAS
- Démarrer la VM : l’assistant d’installation Windows se lance
L’installation se déroule comme sur n’importe quel PC physique. Choisir la partition sur le disque virtuel créé précédemment, laisser Windows formater et copier les fichiers. La durée est variable selon les performances du NAS, mais comptez entre 20 et 40 minutes.
Une fois Windows installé, l’étape des Guest Additions de VirtualBox est importante : ces pilotes améliorent l’affichage (résolution adaptative), les performances graphiques et permettent notamment le partage du presse-papiers entre la VM et le navigateur hôte. Dans le menu « Périphériques » de VirtualBox, l’option « Insérer l’image CD des Additions Invité » monte automatiquement un disque virtuel à l’intérieur de Windows 10. Il suffit de lancer le programme d’installation qui s’y trouve et de redémarrer la VM.
Accéder à la VM depuis un navigateur ou un appareil mobile
L’un des avantages directs de cette configuration, c’est que la VM n’est pas liée à un écran physique. L’interface ADM est accessible depuis n’importe quel navigateur web — sur PC portable, tablette ou smartphone — à condition d’être connecté au réseau local ou via un VPN si on accède depuis l’extérieur.
Depuis ADM, il suffit d’ouvrir VirtualBox et de démarrer la VM. La console de la machine virtuelle s’affiche dans le navigateur. Sur un écran de téléphone, l’expérience reste limitée pour un usage productif, mais depuis une tablette avec clavier ou un laptop, c’est tout à fait fonctionnel pour des tâches bureautiques.
Asustor propose également EZConnect, son service d’accès à distance, qui permet de joindre l’interface ADM sans configurer de redirection de port sur le routeur. C’est le moyen le plus simple d’accéder à la VM depuis l’extérieur sans passer par un VPN. La latence dépend alors de la qualité de la connexion internet des deux côtés, mais pour éditer un document ou consulter une application Windows légère, c’est suffisant.
Ce que cette configuration ne remplacera pas
Un NAS Asustor, même haut de gamme, est conçu pour stocker et servir des fichiers. Son processeur — souvent un Intel Celeron ou Pentium — n’a pas la puissance d’un CPU de bureau récent. La virtualisation fonctionne, mais les performances ressenties restent celles d’un PC d’entrée de gamme, parfois en dessous.
Les usages qui passent correctement dans cette configuration :
- Bureautique légère : Word, Excel, Outlook
- Navigation web depuis Windows
- Accès à des logiciels Windows spécifiques disponibles nulle part ailleurs
- Automatisations ou scripts Windows planifiés
Les usages qui ne passent pas :
- Jeux vidéo — même anciens, le GPU virtuel n’a pas d’accélération matérielle réelle
- Encodage vidéo lourd (Handbrake, DaVinci Resolve)
- Applications gourmandes en rendu 3D
- Plusieurs VM actives en parallèle sur un NAS avec moins de 16 Go de RAM
La virtualisation Windows sur NAS Asustor a donc une cible précise : remplacer un PC allumé en permanence pour des tâches ponctuelles et légères. Pour des charges de travail soutenues, un mini-PC ou un serveur dédié reste une option plus adaptée. Cela étant, pour l’accès distant à une application Windows métier ou l’édition de fichiers Office depuis une tablette, le NAS remplit ce rôle avec une consommation électrique bien inférieure à tout autre matériel équivalent.