Vous installez un bloqueur de pub sur chaque navigateur, chaque téléphone, chaque tablette – et les publicités continuent d’apparaître dans vos applications.
Pi-hole règle ce problème à la racine, en bloquant les domaines publicitaires au niveau de votre réseau entier. Voici comment le déployer sur votre Freebox, modèle par modèle.
Qu’est-ce que Pi-hole et pourquoi l’utiliser avec une Freebox?
Pi-hole fonctionne comme un DNS sinkhole : il intercepte toutes les requêtes DNS de votre réseau et bloque celles qui pointent vers des domaines publicitaires ou de tracking.
Aucun logiciel à installer sur vos appareils – votre télévision, votre console, votre imprimante connectée bénéficient du filtrage automatiquement.
L’installation complète prend moins de 10 minutes selon la documentation officielle du projet. Lors du setup, vous choisissez parmi 9 fournisseurs DNS upstream (Cloudflare, Google, OpenDNS, Quad9, etc.) pour les requêtes légitimes.
La Freebox est une cible naturelle pour Pi-hole. Free distribue des adresses IPv4 et IPv6, gère son propre DNS, et héberge selon le modèle une vraie capacité de virtualisation.
Vous avez donc souvent tout ce qu’il faut directement dans votre box pour faire tourner Pi-hole sans matériel supplémentaire.
Comment installer Pi-hole sur une Freebox Delta?

Sur la Freebox Delta, Pi-hole tourne dans une machine virtuelle hébergée directement sur le serveur Freebox. Ce n’est pas une option exotique : un ticket Dev Freebox (référence FS#30184) documente cette configuration depuis mars 2020.
Le point critique à retenir : le processeur de la Delta est en architecture ARM64. La virtualisation utilise l’accélération matérielle, ce qui impose de choisir une image VM de même architecture. Une distribution comme Ubuntu Server 22.04 ARM64 convient parfaitement.
Les ressources disponibles sont limitées. Par défaut, vous avez moins de 1 Go de RAM pour vos VMs, et 2 vCPUs maximum répartis sur un maximum de 2 VMs simultanées.
Pi-hole est léger – il tourne sans problème avec 512 Mo de RAM et 1 vCPU. Le Freebox Server utilise QEMU 4.1.0 avec EDK2 201811 pour la virtualisation.
Il existe une possibilité de remplacer la barrette de RAM pour atteindre jusqu’à 14 Go dédiés aux VMs. Free ne supporte pas cette modification et elle n’est pas recommandée – mais la communauté la documente pour ceux qui acceptent ce risque.
Une fois la VM démarrée, l’installation de Pi-hole se fait avec une seule commande :
curl -sSL https://install.pi-hole.net | bash
Configurez ensuite votre Freebox pour distribuer l’IP de la VM comme serveur DNS via le DHCP. Tous vos appareils bénéficient alors du filtrage sans aucune manipulation supplémentaire.
Comment configurer Pi-hole sur une Freebox Ultra?
La Freebox Ultra offre une capacité de virtualisation mieux définie que la Delta. 2 Go de RAM sont alloués aux VMs, sans possibilité d’upgrade – c’est la limite fixée par Free, elle ne bougera pas.
Vous pouvez répartir ces ressources de deux façons :
| Configuration | VMs | vCPU par VM | RAM par VM |
|---|---|---|---|
| Deux VMs distinctes | 2 | 1 vCPU | 1 024 Mo max |
| Une VM principale | 1 | 2 vCPU | 2 048 Mo max |
Pour Pi-hole seul, la configuration à 1 vCPU et 1 024 Mo suffit largement. Cela vous laisse une seconde VM disponible pour d’autres usages – un serveur Nextcloud léger, un VPN WireGuard, ou simplement une instance de test.
La procédure d’installation est identique à celle de la Delta : VM Linux ARM64, installation via le script officiel Pi-hole, puis déclaration de l’IP de la VM comme DNS dans les paramètres DHCP de la Freebox.
Pi-hole avec une Freebox Pop : comment éviter le contournement DNS par les appareils Android?

La Freebox Pop pose un problème spécifique que beaucoup de gens ne voient pas venir. La box ne permet pas de désactiver l’IPv6 et annonce automatiquement le serveur DNS de Free via les annonces de routeur IPv6.
Résultat : les appareils Android, qui utilisent DNS-over-TLS ou qui suivent les annonces IPv6 en priorité, contournent complètement Pi-hole.
Vous filtrez 80% du trafic mais les appareils Android font exactement ce qu’ils veulent. Ce n’est pas un bug – c’est le comportement par défaut d’Android qui privilégie le DNS annoncé via IPv6.
La solution existe dans l’interface Freebox. Dans les paramètres réseau, rendez-vous sur l’onglet DNS IPv6, cochez « Forcer l’utilisation de serveurs DNS IPv6 personnalisés » et saisissez l’adresse IPv6 de votre instance Pi-hole.
La Freebox Pop diffusera alors l’adresse de votre Pi-hole y compris dans ses annonces IPv6, et vos appareils Android n’auront plus d’échappatoire.
Pi-hole doit bien sûr avoir une adresse IPv6 fixe et écouter sur cette interface. Vérifiez cela dans l’interface d’administration de Pi-hole avant d’appliquer la configuration côté Freebox.
Comment faire fonctionner Pi-hole avec une Freebox Revolution?
La Freebox Revolution n’intègre pas de serveur DNS local en plus de son DHCP. C’est une limitation réelle : elle distribue les adresses IP mais ne résout pas les noms de domaine localement comme peuvent le faire d’autres modèles.
Pi-hole prend ici le rôle de serveur DNS à part entière pour votre réseau. Vous déclarez son IP dans la configuration DHCP de la Freebox Revolution, et tous les appareils reçoivent Pi-hole comme unique résolveur DNS. Ça fonctionne bien dans ce sens.
La limite connue concerne les résolutions DNS inversées en IPv6 (reverse DNS). La Freebox Revolution ne les supporte pas nativement, ce qui signifie que Pi-hole affichera parfois des adresses IPv6 brutes dans ses logs à la place des noms d’hôtes de vos appareils.
Pour un usage domestique, c’est un inconvénient mineur – le filtrage des pubs fonctionne parfaitement, seule la lisibilité des statistiques est affectée.
Pi-hole est-il compatible avec FreeBSD?

Non. Pi-hole ne supporte pas FreeBSD officiellement, et ce n’est pas un oubli temporaire. Pi-hole repose sur dnsmasq et un ensemble de scripts Bash conçus pour les distributions Linux.
Il pointe essentiellement les domaines bloqués vers localhost via dnsmasq – une mécanique qui suppose l’écosystème Linux.
Docker n’arrange rien. Docker et FreeBSD ne sont pas compatibles nativement, donc l’installation de Pi-hole via conteneur est également impossible sans passer par une VM Linux intermédiaire – auquel cas vous perdez tout l’intérêt d’utiliser FreeBSD.
L’alternative sérieuse est AdGuard Home. Ce projet open-source fonctionne nativement sur FreeBSD, offre les mêmes fonctionnalités essentielles que Pi-hole (DNS sinkhole, interface web de statistiques, listes de blocage personnalisables) et se déploie en un seul binaire.
Pour quelqu’un qui administre un serveur FreeBSD ou un NAS sous ce système, AdGuard Home est la solution qui a du sens.
Bloquer les publicités sur l’ensemble de son réseau n’a jamais demandé autant de matériel : une Freebox récente, 512 Mo de RAM dans une VM, et dix minutes d’installation. Le reste, c’est votre réseau qui travaille à votre place – en silence.