Vous avez ajouté un programme au démarrage de Windows, mais il ne se lance plus après une mise à jour. Ou à l’inverse, votre PC s’ouvre avec dix applications que vous n’avez jamais configurées. Le dossier shell:startup est souvent au cœur de ces situations – et pourtant, beaucoup d’utilisateurs ignorent même son existence.
Ce mécanisme de démarrage existe depuis les premières versions de Windows. Il reste aujourd’hui l’un des outils les plus directs pour contrôler ce qui se lance à l’allumage du PC, sur Windows 10 comme sur Windows 11.
À quoi sert le dossier de démarrage Windows?
Le dossier de démarrage Windows joue un rôle précis : il contient des raccourcis vers des programmes, et Windows lit ces raccourcis à chaque ouverture de session pour lancer les applications correspondantes. Ce n’est pas un dossier d’installation, ni un emplacement de stockage. Seuls des fichiers .lnk (raccourcis) ont leur place ici.
Si vous y copiez un exécutable .exe directement, le logiciel risque de ne pas trouver ses fichiers dépendants – bibliothèques DLL, fichiers de configuration, base de données locale. Le programme plantera ou se lancera dans un état dégradé. La bonne pratique : créer un raccourci vers l’application, puis déposer ce raccourci dans le dossier.
Ce mécanisme est délibérément simple. Il ne gère pas les priorités de démarrage ni les délais. Windows lit les raccourcis dans l’ordre du système de fichiers et tente de lancer chaque application en parallèle, ce qui explique pourquoi plusieurs programmes peuvent s’ouvrir en même temps juste après la connexion.
Où se trouve le dossier de démarrage sur Windows 10 et 11?
Le chemin complet du dossier de démarrage pour l’utilisateur actuel est : C:\Users\[username]\AppData\Roaming\Microsoft\Windows\Start Menu\Programs\Startup. Ce chemin est identique sur Windows 10 et Windows 11.
Le problème que rencontrent la plupart des utilisateurs : le dossier AppData est masqué par défaut dans l’Explorateur de fichiers. Pour y accéder manuellement, vous devez activer l’affichage des éléments cachés via l’onglet « Affichage » de l’Explorateur (Windows 10) ou le menu « Afficher » puis « Éléments masqués » (Windows 11).
Une fois AppData visible, la navigation jusqu’à Roaming\Microsoft\Windows\Start Menu\Programs\Startup reste fastidieuse. C’est précisément pourquoi la commande shell:startup existe – elle court-circuite tout ce chemin en deux secondes.
Comment ouvrir le dossier de démarrage avec la commande shell:startup?

La méthode la plus rapide : appuyez sur Win+R pour ouvrir la boîte Exécuter, tapez shell:startup, puis appuyez sur Entrée. Windows ouvre directement le dossier de démarrage de votre session, sans que vous ayez à connaître votre nom d’utilisateur ou l’emplacement exact du dossier.
Le préfixe shell: est un protocole intégré à Windows Shell. Il résout les chemins vers les dossiers système indépendamment de la configuration de la machine. Que Windows soit installé sur le disque C ou D, que votre nom d’utilisateur contienne des accents ou des espaces, la commande fonctionne sans modification.
Ce que beaucoup ignorent : le dossier de démarrage accepte des raccourcis vers n’importe quel type de fichier. Vous pouvez y placer un raccourci vers un document Word, un fichier PDF ou un script PowerShell. À l’ouverture de session, Windows tentera de lancer le fichier avec l’application associée par défaut. C’est pratique si vous voulez qu’un document s’ouvre automatiquement chaque matin.
Pour y déposer un raccourci, faites un clic droit sur l’application ou le fichier cible, choisissez « Créer un raccourci », puis déplacez ce fichier .lnk dans le dossier ouvert par shell:startup.
Shell:common startup : le dossier de démarrage pour tous les utilisateurs
Le dossier shell:common startup répond à une logique différente. Son chemin complet est C:\ProgramData\Microsoft\Windows\Start Menu\Programs\StartUp. Tout raccourci placé ici se lance pour chaque compte utilisateur de la machine, pas seulement pour le compte actif.
Pour modifier ce dossier, vous avez besoin de droits administrateur. Windows bloque l’écriture dans ProgramData pour les comptes standard, ce qui protège le système contre les modifications non autorisées. Si vous tentez d’y copier un fichier sans droits suffisants, vous obtiendrez une erreur d’accès refusé – une situation similaire à celle décrite dans les problèmes d’accès refusé sous Windows.
Limite notable avec Windows 10 et 11 : les applications installées via le Microsoft Store (applications UWP) ne se lancent pas correctement depuis ce dossier global. Ces applications sont liées au profil utilisateur qui les a téléchargées. Pour les lancer au démarrage, il faut passer par le dossier shell:startup propre à chaque compte.
Le dossier shell:startup s’applique-t-il à tous les utilisateurs du PC?
Non. shell:startup est spécifique à l’utilisateur connecté. Si votre PC compte trois comptes utilisateurs, chacun possède son propre dossier Startup, avec ses propres raccourcis. Un programme ajouté dans le dossier de démarrage du compte « Alice » ne se lancera pas quand « Bob » ouvre sa session.
C’est la distinction fondamentale avec shell:common startup qui, lui, s’applique à tous les comptes. En pratique, shell:startup convient pour des outils personnels – client de messagerie, gestionnaire de presse-papiers, application de notes. shell:common startup est réservé aux déploiements d’entreprise ou aux logiciels qui doivent tourner quel que soit l’utilisateur connecté, comme un antivirus ou un agent de supervision.
Comment désactiver les applications au démarrage de Windows?

Windows propose deux interfaces pour gérer les applications qui se lancent automatiquement. La première : ouvrir le Gestionnaire des tâches (Ctrl+Maj+Échap), puis aller dans l’onglet « Démarrage ». La seconde : passer par Paramètres, puis Applications, puis Démarrage.
Le Gestionnaire des tâches affiche un indicateur d’impact pour chaque programme. Selon les seuils définis par Microsoft, l’impact se classe ainsi :
- Faible : CPU inférieur à 300 ms et disque inférieur à 292 Ko au démarrage
- Moyen : CPU entre 300 ms et 1 seconde, ou disque entre 292 Ko et 3 Mo
- Élevé : CPU supérieur à 1 seconde, ou disque supérieur à 3 Mo
Un programme classé « Élevé » ralentit concrètement le démarrage. Désactiver cinq ou six applications à impact élevé peut faire gagner plusieurs secondes sur un SSD, davantage sur un disque dur classique.
Désactiver un programme dans ces interfaces empêche son lancement automatique, mais ne le supprime pas du système. L’application reste installée et fonctionnelle – vous pouvez la lancer manuellement à tout moment.
Raccourcis, registre et dossier de démarrage : ce que la méthode shell ne couvre pas
Le dossier shell:startup gère une partie seulement des programmes qui se lancent au démarrage. Une grande proportion des applications utilisent le registre Windows plutôt que ce dossier – c’est d’ailleurs pour cela que vous voyez des programmes au démarrage que vous ne trouvez pas dans le dossier Startup.
Les deux clés de registre concernées sont HKEY_LOCAL_MACHINE\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Run (pour tous les utilisateurs) et HKEY_CURRENT_USER\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Run (pour l’utilisateur actuel). Ces entrées ne sont pas visibles depuis l’Explorateur de fichiers – il faut ouvrir l’Éditeur du Registre avec la commande regedit pour les consulter.
Les services Windows constituent un troisième mécanisme, géré par le composant Services (services.msc). Ils démarrent avant même l’ouverture de session et n’apparaissent ni dans le dossier Startup ni dans le Gestionnaire des tâches. Les tâches planifiées, accessibles via le Planificateur de tâches, forment un quatrième niveau, capable de déclencher des programmes à des heures précises ou selon des événements système.
Si un programme revient au démarrage malgré sa suppression du dossier shell:startup, cherchez du côté de ces mécanismes. Le Gestionnaire des tâches et l’écran Paramètres > Démarrage agrègent la plupart de ces sources, mais pas toutes – notamment les tâches planifiées ou les services déguisés en applications utilisateur.
Le dossier shell:startup reste l’outil le plus transparent : vous voyez exactement ce qui s’y trouve, vous pouvez l’ouvrir en deux secondes, et ajouter ou supprimer un raccourci ne nécessite aucun droit particulier. Pour une gestion fine du démarrage, c’est le bon point de départ – mais rarement le seul endroit à vérifier.