Ko, Mo, Go : à quoi correspondent vraiment ces unités?
Tout commence par le bit – la plus petite unité d’information numérique, qui ne peut valoir que 0 ou 1. Regroupez-en 8, vous obtenez un octet. C’est la brique de base à partir de laquelle toutes les autres unités sont construites.
Le kilooctet (Ko) contient 1 024 octets en système binaire, soit 8 192 bits. Le mégaoctet (Mo) regroupe 1 024 Ko, le gigaoctet (Go) contient 1 024 Mo, et le téraoctet (To) additionne 1 024 Go. Chaque palier multiplie par 1 024, pas par 1 000 – c’est là que beaucoup de confusions naissent.
Une précision utile sur le vocabulaire : Go (gigaoctet, terme français) et GB (gigabyte, terme anglais) désignent exactement la même chose. Si vous lisez « 2 GB » sur la fiche technique d’un produit, c’est bien 2 Go. Aucune différence de valeur, seulement une différence de langue.
Combien de Ko faut-il pour faire 1 Go?
La réponse directe : 1 Go = 1 048 576 Ko en système binaire. Ce chiffre provient de la logique des puissances de 2 qui gouverne l’informatique. Un gigaoctet, c’est 2³⁰ octets, soit 1 073 741 824 octets. En remontant jusqu’aux kilooctets (chaque Ko valant 2¹⁰ = 1 024 octets), on obtient 2³⁰ ÷ 2¹⁰ = 2²⁰ = 1 048 576 Ko.
En système décimal (norme SI), le calcul est plus simple mais moins précis pour l’informatique : 1 Go = 1 000 000 Ko. C’est ce que retiennent les fabricants de stockage, mais les systèmes d’exploitation travaillent eux en base 1 024. L’écart entre les deux approches avoisine 7,4 %.
Ce chiffre de 1 048 576 semble arbitraire au premier abord. Il ne l’est pas : il traduit simplement la nature binaire des processeurs et de la mémoire, qui adressent les données en puissances de 2.
Comment convertir des Ko en Go pas à pas?

La méthode en deux étapes est la plus facile à mémoriser. D’abord, divisez votre valeur en Ko par 1 024 pour obtenir des mégaoctets. Ensuite, divisez ce résultat à nouveau par 1 024 pour arriver en gigaoctets.
Prenons un exemple concret : un fichier de 51 200 Ko. Première division : 51 200 ÷ 1 024 = 50 Mo. Deuxième division : 50 ÷ 1 024 ≈ 0,0488 Go. Ce fichier pèse donc moins de 50 mégaoctets, soit une fraction de gigaoctet.
Si vous préférez une formule directe, divisez simplement votre valeur en Ko par 1 048 576 pour obtenir directement des gigaoctets. Le résultat est identique, mais le calcul se fait en une seule étape. Attention toutefois : ce diviseur s’applique au système binaire. En décimal SI, le diviseur serait 1 000 000.
Tableau de conversion des octets : de l’octet au téraoctet
Ce tableau couvre les unités du bit au téraoctet, avec les valeurs en octets correspondantes et les préfixes CEI (Commission Électrotechnique Internationale) introduits en 1998 pour lever toute ambiguïté.
| Unité courante | Préfixe CEI | Valeur en octets (binaire) | Puissance de 2 |
|---|---|---|---|
| 1 bit | – | 0,125 octet | 2⁻³ |
| 1 octet | – | 1 octet | 2⁰ |
| 1 Ko (kilooctet) | 1 Kio | 1 024 octets | 2¹⁰ |
| 1 Mo (mégaoctet) | 1 Mio | 1 048 576 octets | 2²⁰ |
| 1 Go (gigaoctet) | 1 Gio | 1 073 741 824 octets | 2³⁰ |
| 1 To (téraoctet) | 1 Tio | 1 099 511 627 776 octets | 2⁴⁰ |
Les préfixes CEI (kibibyte, mebibyte, gibibyte…) ont été créés précisément pour distinguer le binaire du décimal. Dans la pratique quotidienne, presque personne ne les utilise – mais ils apparaissent dans certains outils techniques et dans les spécifications de mémoire RAM.
Système binaire ou décimal : pourquoi deux systèmes coexistent-ils?

La coexistence des deux systèmes crée une situation concrète que beaucoup ont vécue sans en comprendre la cause : un disque dur vendu « 500 Go » n’affiche que 465 Go sous Windows. Le fabricant calcule en base 1 000 (500 × 10⁹ octets), l’OS compte en base 1 024 et affiche donc une valeur plus faible. Aucun octet n’a disparu – c’est juste une différence de lecture.
macOS a tranché le débat à sa façon. Depuis Snow Leopard en 2009, Apple affiche les tailles en décimal : un disque de 1 To indique bien « 1 000 Go » dans le Finder. Sous Windows, ce même disque s’affiche à 931 Go environ. Les deux systèmes ont raison selon leur logique propre.
L’écart de 7,4 % entre 1 Go SI (1 000 000 000 octets) et 1 Gio CEI (1 073 741 824 octets) peut sembler mineur. Sur un disque de 8 To, cet écart représente pourtant environ 596 Go « manquants » à l’affichage Windows – une différence que les utilisateurs remarquent.
Comment passer de Ko à Go dans les usages courants?
Mettre ces formules en pratique, c’est d’abord comprendre l’échelle réelle des fichiers. Un Go, c’est environ 250 chansons MP3 de qualité standard (à 4 Mo par titre), 1 000 photos JPEG compressées depuis un smartphone, ou un film HD de courte durée.
Une photo RAW issue d’un reflex numérique pèse entre 20 000 et 30 000 Ko (20 à 30 Mo). Pour en stocker 50, il vous faut entre 1 000 000 et 1 500 000 Ko, soit approximativement 1 à 1,4 Go. Vous pouvez estimer facilement le poids d’une photo selon son format et sa résolution avant même de déclencher une séquence de prises de vue.
Concernant la question « convertir des Ko en GB » : Go et GB sont équivalents, seule la langue change. Si votre logiciel affiche des tailles en GB, appliquez exactement la même formule – divisez par 1 048 576 pour passer des Ko aux GB.
Pour les vidéos, une heure de contenu HD (1080p) en H.264 pèse entre 4 000 000 et 7 000 000 Ko, soit 4 à 7 Go environ. Si vous transférez vos médias vers un disque dur externe, anticiper ces volumes en gigaoctets évite les mauvaises surprises à mi-transfert.
Les outils en ligne permettent de tout convertir instantanément
Les convertisseurs en ligne gèrent les deux systèmes (binaire et décimal) et affichent simultanément toutes les unités – Ko, Mo, Go, To, voire Kio et Gio. Pour une valeur complexe comme 784 391 Ko, le calcul mental devient vite fastidieux. Un outil fiable renvoie le résultat en moins d’une seconde.
Un bon convertisseur propose au minimum un champ de saisie libre, un sélecteur d’unité source, un sélecteur d’unité cible, et le choix entre base 1 024 et base 1 000. Ce choix binaire/décimal est décisif : convertir 500 Go en Ko donne 488 281 250 Ko en binaire, ou 500 000 000 Ko en décimal – une différence de 12 millions de Ko.
Le calcul à la main reste utile dans deux situations : quand vous n’avez pas accès à internet, et quand vous devez vérifier le résultat d’un outil tiers. Dans ce cas, retenez un seul chiffre – diviser par 1 048 576 pour passer des Ko aux Go – et vous couvrirez 95 % des cas courants.
Quand vous libérez de l’espace sur votre machine, comme après la suppression du dossier Windows.old sous Windows 11, savoir lire ces chiffres en gigaoctets vous permet d’évaluer immédiatement le gain réel. Quelques gigaoctets récupérés, ou plusieurs dizaines – la conversion fait toute la différence dans votre décision.
Un Ko, au fond, c’est 1 024 octets d’information. Un Go, c’est 1 048 576 fois ce bloc. La prochaine fois qu’un logiciel vous affiche une taille en kilooctets, vous saurez exactement où vous en êtes.